TheVeryPadTrip, Saison 1, dernier épisode.

Bon ça y est, je commence à compter les jours qui me reste… La fin de TheVeryPadTrip semble inéluctable… Je voulais rester un peu plus longtemps à Mada mais mes finances ne le permettent pas. Il me reste un peu plus de trois semaines, et d’ici là il va falloir que j’en profite à fond sans trop tergiverser.

Il me faut maintenant arpenter le nord le nord de Madagascar, du moins en partie. Mon projet initial était de monter jusqu’à Diego à l’extrême nord de la grande île mais les deux jours de taxi brousse aller puis retour ont eu raison de ma motivation. Je pars donc pour Mahajanga au nord ouest à seulement 12 heures de la capitale.

Cette ville fait office de Saint-Tropez local, toutes proportions gardées, destination favorite des vacanciers malgaches, je ne croiserais ici que très peu de vazahas.

Après m’être embrouillé avec un taxi qui tentait de m’arnaquer je trouve un hôtel un peu pourri mais bon marché. Le lendemain je décide de bouger « Chez tranquilllle » un établissement plus central avec piscine pour un prix modique. Ici je ferais la connaissance de Philippe le patron, un français tombé amoureux de Madagascar il y a une quinzaine d’années. En partageant un un petit calumet avec moi, ce dernier me renseignera sur les endroits intéressants se situant autour de la ville.

Le lendemain je pars pour le Cirque rouge, une sorte d’amphithéâtre naturel constitué de couches argileuses rouges et ocres. Je me rends compte que Mahajanga est bel et bien le point le plus chaud du pays, je transpire à grosses gouttes…

Par chance, le spot est en bordure de mer, un petit plongeon sera salvateur ! En longeant le rivage, je constate que la réputation de station balnéaire colonisée par les vacanciers au moment de l’été n’est pas usurpée, certaines portions sont noires de monde, je ne m’éternise pas…

Le jour suivant, je pars pour une excursion à Katsepy, un tout petit village de pêcheurs, je suis accompagné de Remy et Laura, deux français ainsi que Philippe et sa famille.Une petite balade nous permettra de voir des lémuriens (une activité presque quotidienne ici;-)) et d’admirer la vue sur la baie du haut d’un phare. Au dernier étage de celui ci, avec sa barrière de 30cm de hauteur et son passage de 50 cm de large, je ne fais pas le malin mais la vue mérite bien cela !

Vient l’heure du repas et ses langoustes fraîchement pêchées puis nous faisons un tour dans le cirque bleu qui ressemble un peu à son cousin le rouge mais avec plus de variantes de couleurs et surtout sans le moindre touriste à part nous.

Vue sur la baie de Mahajanga

Vue sur la baie de Mahajanga

En avant les petites langoustes

En avant les petites langoustes

Le lendemain je chercherais d’autres vazahas pour tenter de créer un groupe afin de visiter les grottes d’Anjohibe pour partager les coûts. Les seuls que je croiserais sont du troisième âge accompagnés de jeunes malgaches… Tant pis, cela pour un prochain voyage à Mada.

Je repars donc en direction de Tana, encore une fois, après douze heures de taxi-brousse pour repartir le lendemain vers le nord-est à Andasibe.

Ma venue ici est motivée par la visite d’un dernier parc national afin d’y observer l’Indri-Indri, le plus gros lémurien du monde qui pousse des cris spécifiques, perceptibles à des kilomètres à la ronde. Je verrais plusieurs de ces spécimens ressemblant un peu à de gros koalas, avant de filer en taxi-brousse dans la foulée pour arriver à Tamatave et prendre le bateau à 3 heures de là, direction Sainte-Marie, une île sur laquelle je passerais une dizaine de jours. Cette dernière sera mon étape finale à Madagascar et par corollaire de mon tour du monde…

L'indri

L’indri

Je fais la connaissance d’Alain et Michel, deux retraités qui ont encore une pêche d’enfer. Ces derniers me suivent au Manaus, une des rares adresses un peu roots et bon marché de l’île, un endroit qui doit avoir peu de clients de plus de 65 ans… Nous y faisons la rencontre d’Alain et Anuncia les patrons, d’une gentillesse sans pareil, sans parler des talents culinaires d’Anuncia.

Le lendemain je décide de louer un deux-roues pour les dix jours à venir, une moto-cross 250cc parfaitement adaptée à la route et aux pistes (et qui envoie pas mal aussi niveau vitesse également je dois l’avouer).

Je sillonnerais une partie du Nord et l’Est de l’île avec ma monture en empruntant des pistes un peu sportives. Aujourd’hui, le beau temps est au rendez-vous et c’est bien ce que je pensais : l’île est magnifique, verdoyante avec quelques lagons tout autour. Pendant ma chevauchée, je passerais dans de petits villages dans lesquels peu de vazahas semblent s’aventurer. Arrivé à l’Est, je visite une mangrove en compagnie d’un piroguier pour arriver sur une plage déserte, seul au monde !

Le jour suivant direction l’île aux nattes, la petite sœur de Sainte Marie se trouvant au sud. Première claque visuelle : le lagon séparant ces deux bouts de terre aux teintes bleues et vertes. Ma première impression : cet endroit a des airs de paradis…
Une fois là-bas, j’y retrouve Angel, Léa, Catherine et Anne-Marie, la mère de cette dernière. Nous sirotons quelques bières en attendant notre déjeuner qui arrivera 5 heures plus tard (mora-mora), l’occasion de prendre le repas du midi devant le coucher du soleil, une première pour nous tous.

C’est samedi ! Nous partons donc, la nuit venue, dans la seule boite de nuit de l’île, c’est l’unique occasion de la semaine pour se trémousser un peu aux rythmes des sons malgaches et occidentaux.

L'île aux nattes

L’île aux nattes

L'île aux nattes

L’île aux nattes

Le lendemain, mes compagnons de voyage partent en bateau voir les baleines, omniprésentes à cette période de l’année où elles viennent mettre bas. Au départ, je ne voulais pas en être car j’en avais déjà vu plusieurs fois au cours de mon voyage. Mais quelque chose me dit que je pourrais rater un truc… Mon instinct ne m’aura pas trompé…

Nous embarquons sur un petit bateau à moteur en l’occurrence plus petit que les mastodontes et là le show commence. Nous voyons un baleineau et ses parents à quelques mètres du bateau qui ne semble pas les troubler.

Un peu plus loin nous allons à la rencontre d’un autre trio bien plus joueur. Les baleines sautent, montrent leurs têtes, se mettent sur le dos et ne cessent de claquer leurs nageoires à la surface de l’eau, un véritable ballet aquatique. Et petite cerise sur le gâteau, la petite famille s’approche très très près de nous, à deux/trois mètres ! Je jubile comme un gamin de 5 ans, un moment magique !!!
(Quelques extrait ici et ici)

Pour fêter cela, nous partons manger dans un restaurant avec une vue à 360° sur l’île aux nattes qui est bordée d’un lagon aux eaux turquoises. Le paradis ne semble vraiment pas loin…

Les baleines

Les baleines

Le jour suivant, nous partons tous en scooter pour la pointe nord de Sainte Marie. Un peu déçu mais contraint je dois également prendre un scooter car ma moto est en réparation car hier, en roulant un peu trop vite, j’ai trouvé le moyen de casser l’amortisseur arrière. Que cela ne tienne, cela permettra d’admirer un peu plus la route et le paysage… Arrivés sur place, nous nous baignons dans les piscines naturelles et dégustons, les pieds dans le sable, des langoustes et petit détail faisant toute la différence : nous voyons des baleines en train de sauter non loin du rivage.

Les filles partent demain et pour leur dernier dîner sur l’île nous partons manger, « chez moi », au Manaus. Ces dernières semblent conquises par la gentillesse et la joie de vivre d’Anuncia, j’ai définitivement trouvé une bonne adresse !

Le lendemain, je retrouve Angel sur l’île aux nattes, notre plan est d’aller manger au restaurant panoramique de l’autre fois et de ne rien foutre le reste de la journée. Cette fois, ce n’est peut être plus très original, mais nous avons commandé des langoustes. Au passage, je respecte le régime spécial que je m’étais fixé depuis mon arrivée sur les îles : poisson, calamar et langoustes !

Sur le toit du restaurant, en sifflant une bouteille de rhum arrangé, nous dissertons sur le fait que cet endroit est réellement un paradis sur terre : l’île est splendide, il y a très peu de touristes, pas de voitures, pas de construction dénaturant le paysage, des gens adorables, de la nourriture exquise, des baleines… Le doute ne semble plus permis !

Cela dit, nous atténuerons un peu nos propos le lendemain : c’est le paradis sur terre lorsqu’il fait beau ! Aujourd’hui, sous la pluie battante et une légère gueule de bois, le panorama est un tantinet moins idyllique.
Nous ne nous laissons pas abattre pour autant et repartons dans notre cantine cinq étoiles pour manger nos dernières langoustes du voyage. Ensuite, je dirais au revoir à Angel qui doit repartir demain en direction de la grande île puis ensuite de l’Espagne. Je prends conscience que mon tour approche à grands pas…

Il me reste deux jours sur l’île et aujourd’hui c’est la fête de la baleine. Accompagné de Stevan, un autre français, je pars voir ce qui se passe lors de cette fête populaire. Quelques animations, quelques concerts, beaucoup de gens et énormément de bières et de rhum… Notre erreur aura été de commencer les hostilités à midi… Le lendemain, la gueule de bois est infernale, la pire de mon séjour à Mada et une des pires de ces 14 derniers mois et pour couronner le tout… il pleut !

Vient le moment de mon retour à Tana, un trajet de deux jours mêlant bateaux et taxis-brousses, rien de très excitant à raconter. Une fois rendu à la capitale, j’ai environ 48 heures à tuer avant mon retour à Paris. A part compter les heures et m’offrir quelques restos gastronomiques au prix d’un fast-food français, je n’ai pas grand chose à faire mis à part cogiter, réfléchir…

En ce 10 septembre 2014, le moment tant redouter depuis des mois me fait face : la fin du voyage, mon rêve s’achève…
J’ai commencé il y a exactement 14 mois et j’ai la désagréable sensation que c’était hier. Je savais que cette année, le temps allait passer très vite mais j’étais loin de me douter que cela serait à ce point là. Mais en y repensant, il s’en est passé des choses, des dizaines de milliers de kilomètres parcourus sur notre belle planète, des centaines de rencontres, des milliers de sourires croisés, des paysages plus beau les uns que les autres, des moments de joie, de doutes, de rire et d’émerveillement.

Pas de regret à avoir, j’ai profité de cette expérience au maximum, le plus longtemps possible, j’étais porté par ce vent de liberté et d’insouciance si difficile à effleurer en temps normal. Si c’était à refaire, je ne suis pas sur que je changerais le moindre détail.

Un nouveau challenge m’attend désormais et pas des moindres : me réadapter à la « vie normale ». Cela sera l’occasion de rêver aux prochains projets un peu exotiques, une affaire à suivre…

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Second épisode malgache : la remontée du sud vers la capitale !

Après avoir séjourné à Anakao, dont les 3 jours initiaux se sont transformés en une petite semaine, il est temps pour moi de reprendre la route.

Mon séjour là bas aura été assez mora-mora. Plongée, snorkeling, poisson grillé, rhum et bières étaient au menu ces derniers jours. Je vous passe les détails car nous sommes au mois d’août, ce qui signifie que la plupart d’entre vous êtes en vacances, vous vous foutez donc certainement que je sois aller à la plage, vu tel ou tel poisson etc…

A bord du bateau me ramenant à Tuléar, j’aurais droit à une belle surprise de bon matin: le passage des baleines à bosses ! Un spectacle somptueux qui me rappelle mon passage au Québec sauf qu’ici il fait un peu plus chaud.

Le reste de la journée sera un peu moins idyllique… Je me rends à la gare de routière de Tuléar, il est 10h30, j’achète mon billet et l’on m’assure que le taxi-brousse partira une demi heure plus tard. A midi, je me renseigne, me rends compte que le type m’a baratiné et que le départ est prévu pour 14h. À 16h, nous partons…le trajet n’a pas encore commencé que je suis déjà sur les nerfs.

Le trajet théorique est de 4 heures, sauf que la voiture s’arrête pour décharger et recharger des sacs de nourriture, j’arriverais à destination à 22h… Bien que je décrivais Mada comme une destination de rêve dans mon article précédent, il faut lui avouer un gros défaut : ses putains de transports ! Mais bon, cela fait parti de l’aventure…

Me voici donc à Ranohira, je fais la connaissance de Roger le patron de mon hôtel Chez Berny. A 87 ans, il a une pêche d’enfer. Son histoire est assez singulière également, ses parents étaient en voyage de noce sur la grande île et s ‘étaient fait voler tout leur argent. Résultat, ils ont dû travailler sur place pour rentrer et ont finalement décidé de s’installer ici. Roger est donc né à Mada et dans la continuité de ses parents a développé pas mal de choses ici. C’est devenu, au fil des années, une vraie figure locale.

Il est temps d’aller à l’essentiel car mon article n’est pas essentiellement destiner à parler des tauliers originaux de l’île. Je suis ici pour visiter le parc Isalo qui est pratiquement un incontournable à Madagascar. Je fais la connaissance de Raul et Nicoleta, un couple Italo-espagnol avec qui j’irais visiter le parc demain. C’est l’occasion pour moi de reparler la langue ibérique et bonne nouvelle mon espagnol n’est pas si rouillé que ça !

Le lendemain matin nous commençons la visite du parc. Ce canyon malgache me fait penser aux paysages du Colorado où j’étais quelques mois auparavant. Le soleil commence à taper un peu fort mais à ce moment nous arrivons dans une première piscine naturelle, timing est parfait. Le déjeuner se passera dans le canyon des makis où nous mangeons en compagnie des lémuriens. Visites de cascade et piscines naturelles achèveront cette belle journée.

Parc Isalo

Parc Isalo

Piscine naturelle, Isalo

Piscine naturelle, Isalo

Le lendemain, je pars visiter le parc privée de Roger car celui-ci est gratuit pour les clients de l’hôtel. Seul problème il se trouve à 10 kilomètres et je suis à pied.. C’est donc l’occasion de tester le stop à Madagascar ! Il n’y a pas beaucoup de trafic mais au bout d’une petite demi heure, un père et son fils me prennent sur leur scooter, un bon début.

La visite du parc du parc privé n’est pas à hauteur de celle de la veille mais néanmoins pas déplaisante. Le retour en levant le pouce s’avérera plus long qu’à l’aller mais cela s’explique en partie par le manque de circulation sur cette route et que beaucoup de véhicules roulent à l’africaine c’est à dire déjà surcharger. (Voici un petit extrait vidéo : ici !)

Le lendemain je prends la route pour Fianarantsoa, ville dans laquelle je pourrais enfin déguster le foie gras malgache, aussi bon que chez nous à un prix défiant toute concurrence (Vous ne me croyiez peut être pas quand je vous disais qu’on se régale ici, c’est pourtant vrai). Après m’être rempli la panse, je pars réserver mon billet de train pour demain matin. Je vais prendre le FCE, l’un des derniers trains de voyageurs de la grande île. Les rails utilisés datent du début du XIXe siècle et la locomotive, la dernière en marche, des années 50. Pour moi, c’est une étape incontournable dans ce pays même si l’expérience aura certainement son lot d’imprévus.

Le lendemain, j’arrive à la gare un peu avant 7h, heure du départ…théorique…

C’est annoncé le train aura du retard. Vers 11h30, nous montons dans des wagons d’un autre âge mais il n’y a toujours pas de locomotive. A 12h30, nous partons enfin.

La durée du trajet est de 9h, théorique une fois de plus. Le train s’arrête dans 17 stations et est souvent le seul moyen de désenclaver les villages qu’il traverse. A chaque station, de la nourriture est disponible : sambos, sandwichs, écrevisses, plats de nouilles, fruits etc… Je teste presque tout, un régal à chaque étape!

Bien que le temps soit pluvieux, côté paysage cela vaut aussi le détour, l’aridité des jours précédents à laisser place à la forêt luxuriante.

Train FCE

Train FCE

A la nuit tombée, nous n’avons pas encore parcouru la moitié du chemin et certains voyageurs commencent à trouver le temps. De mon côté, je suis préparé psychologiquement à passer la nuit entière dans le train et l’avenir me dira que j’ai bien fait ! Dans mon coin, il m’arrive d’exploser de rire tout seul en écoutant la famille belge aux accents bourgeois derrière moi.. Comme par exemple quand j’entends :

                 – « M’man !! Tu sais quoi ? Y’avait une merde au milieu des chiottes et bah tu sais quoi ? Matias vient de marcher dedans !!!»

                 – « Oh non Matias, quand même… »

J’explique la raison de mon rire à mes deux voisines hollandaises quand soudain l’odeur envahit la totalité du wagon… pendant un moment d’ailleurs…( humour pipi/caca basique certes, mais moi ça me fait rire ces conneries 😉 )

Le convoi s’arrêtera plusieurs heures pour décharger et recharger du matériel nécessaire aux habitants des environs ce qui nous fera arriver à 6h du matin à Manakara sur la côte Est. Sans compter l’attente initiale, avec 18h pour parcourir 160 km, le train s’avère encore plus lent que le taxi-brousse..

Cette expérience aura été l’occasion de faire pas mal de rencontres notamment Marianne, Léa, Catherine et Angel avec qui je passerais les prochains jours.

Le lendemain, nous faisons une excursion au canal de Pangalane qui suit exactement la côte, se trouvant à 50 m de celle-ci. C’est l’occasion de découvrir un peu les villages de pécheurs, une distillerie d’huile essentielle et les plantes médicinales locales. Le tout coupé par un repas aussi énorme que délicieux composé de poissons, crevettes et rhum arrangé.

Canal des Pangalanes

Canal des Pangalanes

Le soir venu j’espérais un repas somptueux à base de langoustes mais le restaurant dans le lequel nous allons n’a plus grand chose en stock et le peu qu’il reste s’avère très décevant… Qu’importe nous jetons notre dévolu sur les rhums arrangés bien meilleurs ! Si bien qu’à la fermeture du restaurant nous avons encore grand soif mais à cette heure ci il n’est plus possible de trouver du rhum..conventionnel.. Nous achetons donc une bouteille de « tocagaz », un élixir très bon marché et très dégueulasse à base de canne à sucre. A côté de cela, l’arak indonésien (cf articles de l’année dernière) fait figure de grand cru. Je conseille à tout voyageur se rendant à Mada de goûter, pour l’expérience, mais seulement une gorgée…

Bien que nous ayons peu bu de cette merde, nous le sentirons tous le lendemain matin, engourdissant nos synapses toute la journée.

Bref, nous arrivons à Ranomafana dans le brouillard (au sens propre comme au figuré) et quittons Angel qui est déjà venu ici. Avec les filles, nous visiterons le parc du même nom le lendemain. Nous voyons pas mal d’espèces de lémuriens différents mais mis à part ça le visite n’a rien de sensationnel…

Le lendemain c’est journée taxi-brousse, je dis aux revoir aux filles et m’arrête à Ambrositra. Cinq minutes plus tard, je tombe sur … Angel ! Enchaînement parfait ! Lui, en compagnie de son guide Eric, doit aller voir la cérémonie du « famadihana » (retournement des morts) le lendemain. Depuis mon arrivée à Mada je souhaite voir ce rite ancestral typique de la grande île ! Banco ! Je ferais parti de l’équipe le lendemain.

Nous partons pour un petit village juché au milieu de nulle part dans les environs d’Ambrositra. Au bout de quelques heures de marche notre guide nous informe que la cérémonie qui devait avoir lieu dans l’après-midi selon lui aura lieu le matin. En clair, nous sommes en retard et il faut emboîter le pas.

Nous arrivons tout juste à temps près du tombeau où plus d’une centaine de personnes se sont réunies ainsi qu’un orchestre. La scène est pour le moins originale : des dizaines de personnes dansent en compagnie du corps du défunt sur leurs épaules ! L’ambiance est à la fête et le tocagaz a commencé au couler à flot..

Malheureusement, du fait de notre retard, le corps sera reposé dans sa tombe quelques minutes plus tard.. Malgré cela, les musiciens continuent à jouer et les convives à danser (extrait ici).

Je ne résiste pas à la tentation et décide de me joindre à eux ! Je serais accueilli, toutes proportions gardées, comme une rockstar ! Le fait qu’un vazaha se mêle à la foule semble en amuser plus d’un. Les anciens du village viennent me parler et me remercie d’être venu jusqu’ici pour partager un peu leurs traditions.

Me voici dans la foule!

Me voici dans la foule!

Nous sommes invités dans la maison de la famille pour partager leur repas, un privilège qui n’est pas donné à tout le monde.

Ensuite Angel et moi offrons quelques bières ainsi qu’une une petite bouteille de tocagaz et la famille nous remercie de plus belle. Un peu à contre cœur, nous n’osons refuser deux gorgées de tord-boyaux pour ne pas froisser nos hôtes, tradition oblige.

Avant de repartir, on nous offre de la viande de zébu (l’animal a été sacrifié pour l’occasion) comme à chacun des participants. Nous étions même invités à dormir sur place mais nous devons partir car sur le retour, nous devrions voir d’autres exhumations. En tout cas, nous avons eu le droit à un bel accueil, il faut dire que nous étions les premiers vahazas de passage dans ce village !

Nous arrivons à l’autre cérémonie, sur une colline, à quelques kilomètres de là. Cette fois, nous sommes au cœur des festivités, il n’y a pas un seul mort mais une bonne dizaine ! Des groupes de personnes dansent avec eux, et chantent avec une certaine frénésie.(extrait ici) Par contre, il est un peu plus tard, cela implique donc que les gens sont un peu plus bourrés et les alcoolos du village essaient de nous gratter de l’alcool. L’ambiance étant nettement moins chaleureuse qu’au village précédent, nous ne resterons pas pendant des heures. Ce laps de temps aura été néanmoins suffisant pour Eric pour se bourrer la gueule. Le chemin du retour est un sketch, notre guide nous répète une soixantaine de fois :

                         – « Angel ! C’était bien le tour avec moi ?!!! Guillaume, c’était bien  ?!!! »

Plus le temps passe, plus ce dernier semble ivre, ne manquant pas de se casser la gueule assez régulièrement. Cela aura pour mérite de nous amuser pendant le trajet du retour.

Mon cadeau de départ!

Mon cadeau de départ!

Mis à part cette dernière petite anecdote, cette journée aura été d’un point de vue culturel, très intéressante, une des plus marquantes depuis mon arrivée dans la pays.

Arrivés à Ambrositra, nous partons en taxi-brousse pour Antsirabe que nous atteignons dans la soirée. Nous y retrouvons Marianne pour aller dîner au Pousse-pousse  un restaurant encore plus excellent que d’habitude, foie gras et tournedos rossinis au menu pour achever cette journée bien remplie !

Le lendemain, je repars pour Tana, après avoir sillonné à travers quasiment tout le sud, il est temps de voir ce qui se passe au nord, toujours en quête de belles surprises !

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Mada, entre aventures, bonnes surprises, imprévus et barres de rire !

Avant d’arriver à Mada, je passe une nuit à Johannesburg en Afrique du sud. Les quelques heures passées là-bas et les gens que j’ai rencontré me donnent envie de visiter ce pays mais cela sera pour un autre voyage. J’ai l’impression que plus je voyage plus ma liste de pays à découvrir s’allonge…

Après avoir enregistré mes bagages, un type demandent si je peux lui rendre un service : transporter des passeports jusqu’à Madagascar… Cette idée ne m’enchante guère et je ne suis même pas sur que cela soit légal. Il reconnaît mon accent frenchi et me parle en français. Il est malgache et m’explique que ce sont les passeports d’un groupe de musique qui doit partir ce soir pour l’Europe. Nous approchons de l’heure limite de l’enregistrement, je crois bien que je suis son dernier espoir… Je demande quelques garanties et décide donc d’accepter de lui rendre ce service…

Arrivé à Tana, la capitale malgache, je suis attendu par Fela qui vient récupérer les passeports. Sur le chemin de la ville, nous sympathisons, je viens de me faire une pote en un temps record !

Je dépose mes affaires à l’hôtel et commence la petite balade traditionnelle de quartier. Plusieurs choses me frappent, tout d’abord la langue qui est la mienne, le français est écrit partout et parlé par la majorité de la population (cela devient moins vrai en dehord des villes), l’omniprésence de grandes marques françaises : Orange, SG et autres.. et surtout la pauvreté, très marquée ici. En effet, je croise beaucoup de sans abris, de mendiants et naturellement en temps qu’étranger, je suis sollicité à travers les rues de la capitale.

Pour ma première soirée, je me contenterais d’aller au restaurant ce qui me permettra de goûter un assortiment de spécialités malgaches : poulet coco, confit de canard au gingembre, viande de zébu et bien d’autres… De plus, en me baladant j’ai vu plein de stands de « street food »… Je crois que je vais aimé ce pays…

Le lendemain, je constate que Tana est fidèle à sa réputation une capitale au charme caché et plutôt bien caché je dois dire. Heureusement le soir venu, je retrouve Fela et des potes à elle, l’occasion de boire quelques coups et de finir la soirée tard dans la nuit, voilà peut être le charme caché de la ville… A méditer..

Les choses sérieuses commencent enfin ! Je pars pour Antsirabe et je vais être hébergé chez la famille de Fela qui habite là-bas. Une fois là bas, je suis accueilli par Jean-Marie, Anna et Rhina dans leur maison. A partir de là, je serais véritablement accueilli comme un membre de la famille pendant trois jours, partageant leur quotidien. Je ne cesse de les remercier pour leur accueil et ces derniers me répondent que c’est un honneur de me recevoir, un bel exemple de l’hospitalité malgache ! Je fais aussi la connaissance de Tombo et De gaule deux étudiants qui parlent un peu français avec qui je passerais pas mal de temps. Je crois bien que je suis le premier étranger avec qui ils ont l’occasion de converser.

Pendant ces quelques jours, je prépare de la suite de mon voyage passe du temps avec mes hôtes avant une dernière soirée tous ensemble.

J’ai été accueilli royalement ici et cela me va droit au cœur. Mon voyage à Mada commence pour le mieux. Quelque chose me dit que j’ai bien fait de rendre ce service à l’aéroport de Johannesburg…

Jean-Marie, "mon père malgache"

Jean-Marie, « mon père malgache »

Aujourd’hui, je rejoins un groupe de touristes (que des suisses) pour une descente de la rivière Tsiribihina qui me permettra de rejoindre la côte Est. Ah oui, il y a aussi Berniss, le guide et Tafida sa petite fille de 11 ans qui est aussi du voyage et qui n’a encore jamais vu la mer. Il va falloir être patient : la descente en pirogue traditionnelle va durer trois jours et ne commencera que demain. Pour l’instant je me contenterais de faire connaissance avec le groupe. Le lendemain, Afredo et Sergio, deux espagnols nous rejoignent. Ces deux gars s’avéreront être super sympas, super drôles et super fêtards et donc forcément de super compagnons de voyage (j’y reviendrais).

La descente va bientôt commencer et nous chargeons le matériel sur nos nouveaux moyens de transport. A première vue, les pirogues (traditionnelles) semblent être plutôt instables quasi dangereuses mais avec quelques précautions d’usage la vie à bord semble être possible, il le faudra bien.

La « croisière » s’avère paisible, nous ne croisons aucun touriste durant cette première journée et admirons la fauve locale : caméléons, lémuriens, crocodiles et tortues. Le soir venu, nous nous installons pour une première nuit en bivouac.

Sur la pirogue..

Sur la pirogue...

Sur la pirogue…

Le lendemain, la vie est un long fleuve tranquille, il fait beau et chaud, nous nous arrêtons à la pause déjeuner près d’un cascade, le temps de se rafraîchir un peu. L’après midi, nous faisons une pause dans un village. Dès notre arrivée, des dizaines de gamins viennent à notre rencontre, nous sommes l’attraction touristique du moment. Ce village loin d’être le plus démuni du pays est très pauvre et les endroits que je verrais ensuite font parfois peine à voir. Nous injectons quelques euros dans l’économie locale en achetant toutes les réserves de rhum brun du village car ce soir une des suisses fête ses 30 ans. Une fois le bivouac installé, nous commençons l’apéro. La principale intéressée se contentera de boire un verre mais Afredo, Sergio, moi et quelques autres le fêterons à sa place. 30 ans ca se fête bordel !!!!

Les gamins des villages

Les gamins des villages

Le lendemain, il fait déjà très chaud sur la Tsibili ou alors c’est le rhum d’hier, les deux je ne sais plus… C’est étrange aujourd’hui il semble que le groupe se soit un peu scindé en deux : la Suisse et le reste du monde…
Après cette dernière journée sur la rivière nous prenons la charrette à zébus, moyen de transport commun à Madagascar, pour ensuite prendre une voiture et se rendre à Belo sur Tsiribihina.

Je fais la connaissance d’Adrien, suisse lui aussi qui nous rejoins à partir de maintenant. Une bonne nuit de repos nous fera le plus grand bien. Demain nous partons en direction des Tsingy, une curiosité géologique typique de la grande île.

Mais les Tsingys, cela se mérite, la piste est longue et cahoteuse pour ne pas dire chaotique. Et encore, nous sommes dans la bonne saison, une grande partie de l’année le site est inaccessible. Au bout de quelques heures, nous débarquons le matériel un peu village de brousse à côté de ce que l’on appelle le « petit Tsingy » et partons le visiter.

Comment décrire ces étranges blocs de pierres.. ? Ce sont des blocs de calcaire souvent saillants empilés les uns sur les autres, je vous invite à regarder les images ce qui évitera que je me perde dans une description hasardeuse.

Nous apprenons que nous sommes samedi et que même dans la brousse il y a une sorte de boite de nuit locale. Dans une démarche complètement anthropologique, les espagnols, Adrien et moi allons voir comment les gens s’amusent ici. Forcément nous sommes les seuls vazahas(étrangers) présents et passons une soirée très marrante et arrosée.

Au petit matin, l’ambiance est très tendue au petit déjeuner et le divorce avec les suisses semble définitivement prononcé ! En effet, malgré que cela n’est pas duré très longtemps, hier en rentrant nous avons réveillé nos colocataires de camping. Et apparemment surtout Alfredo et Sergio qui aurainet tchatché un peu plus longtemps, ce qui n’est pas complètement faux mais pour cinq minutes de palabres, la Suisse semble presque prête à déclencher la guerre avec l’Espagne…Cela serait une première dans l’histoire de l’humanité.

Nous n’allons pas pour autant gâcher cette belle journée qui s’annonce : une belle balade dans le grand Tsingy. Cela fait parti des incontournable de Mada et à juste titre. C’est juste magnifique et impressionnant, nous devons escalader les rochers, passer sur des ponts suspendus…

Les grand Tsingy

Les grand Tsingy

Retour vers Belo sur Tsiribihina, nous ne manquons pas de nous enliser dans un cours d’eau avec le 4X4. Comment sortir de ce guêpier ? C’est une bonne question… Au bout d’une heure et demi, nous parvenons à sortir le véhicule de la petite rivière. Quelques cris de joie plus tard, nous repartons vers la ville en empruntant la piste accidentée. Arrivés sur place, nous partons manger au Mad Zebu. Ce restaurant vaut la peine d’être cité car nous mangeons un repas réellement gastronomique pour… 11 euros ! Il manque juste un bon vin rouge mais là je joue le difficile. Petite parenthèse culinaire, très importante pour tout français qui se respecte, ici la qualité de la nourriture et des plats proposés est incroyable !!! On mange extraordinairement bien à Mada, c’est noël tout les jours ou presque ! Une raison de plus d’apprécier ce voyage !

La fine équipe !

La fine équipe !

C’est le dernier jour du circuit avec l’ensemble du groupe. Je n’ai pas à me plaindre mais ce n’est pas plus mal, la tension se fait ressentir de plus en plus mais cela a de bons côtés aussi. Avec mes 3 compères, les blagues envers les autres se multiplient. Depuis notre rencontre, nous ne cessons de rigoler nuit et jour. Je pense n’avoir jamais autant ri pendant mon voyage sur une si courte période, même peut être de toute ma vie..

Nous visitons le parc du Kirindy et tombons nez à nez avec les lémuriens, nous pouvons même les toucher et leur donner à boire !

Un lémurien

Un lémurien

Ensuite direction le spot le plus photographier du pays, l’allée des baobabs ! Ayant croiser beaucoup d’arbres de ce type ces derniers jours, j’ai peur d’être déçu mais je me raviserais une fois sur place. Le coucher de soleil aidant à sublimer l’endroit, je me mettrais en mode chinois et prendrais une centaine de clichés ! Quel beau final !

L'allée des baobabs

L’allée des baobabs

Nous arrivons à Morondava, une « grande » ville sur la côte, cela fait bizarre après avoir passé une grosse semaine totalement coupé du monde ou presque. Mes deux animaux espagnols sont chauds comme la braise pour faire la fête, moi aussi je crois.

Il va bien falloir que je me change les idées car arrivé sur place, une mauvaise nouvelle vient assombrir mon horizon jusqu’ici sans nuage. Pendant le dernier dîner avec tout le monde, la petite Tafida, un véritable petit bout de choux, me redonnera le sourire et m’empêchera de trop tergiverser. Elle ne le sait pas mais elle m’a beaucoup aidé…

Le lendemain, Adrien et moi nous lançons dans notre nouveau projet : relier Tulear ( une ville du sud) par la piste longeant la côte. Pour cela nous devons y louer un 4X4 avec chauffeur pendant plusieurs jours. Pour diviser les frais nous devons trouver 2 ou 3 autres personnes ayant la même idée. Une phase sociale s’impose, nous parlons à tous les vazahas que nous croisons et finissons par faire la connaissance de Mélanie et Guillaume qui eux partent demain. Le timing ne m’arrange pas tellement, j’aurais bien aimé passer quelques jours de plus sur place mais finalement c’est une opportunité qui ne se représentera peut être pas. Bref, nous partons demain !

Malgré la fatigue, nous ne pouvons pas partir sans passer une dernière soirée mémorable avec Sergio et Afredo! Repas de langouste pour commencer puis nous partons faire la fête dans un des bars cools de la ville.
Comme d’habitude c’est connerie sur connerie et blague sur blague, pour exemple en voici une :

Afredo discute avec des filles, tchatche de tout et n’importe quoi pendant un quart d’heure puis tout naturellement sort avec son accent espagnol:

                      -« Là, attention z’é vè pétè ! »

Et là il pète super fort avec l’odeur qui suit, les filles se barrent et c’est la barre de rire générale. Les filles finiront par revenir…

Nous devions partir à 8 h ce matin, heure malgache. En fait il y a un problème et le départ est décalé pour 11h. Avec une heure de sommeil au compteur nous prenons les choses avec philosophie, c’est l’occasion d’apprendre à connaître nos nouveaux compagnons de voyage. Ici c’est le pays du « mora mora » cela veut dire « tranquille, tranquille », il ne faut être à cheval sur la ponctualité…

Nous partons pour Belo sur mer par la piste pour retrouver Faly, leur guide, et sa voiture ayant subie quelques réparations. Ces derniers ayant eu pas mal de problèmes techniques avec celle ci. En théorie, à partir de maintenant tout devrait rentrer dans l’ordre. Enfin à Mada tout est possible et la pratique souvent un peu différente.. Au bout de quelques kilomètres, une odeur de plastique envahit l’habitacle, nous nous arrêtons et constatons que le moteur fume… Pas de fumée sans feu dit on… En effet, c’est un véritable incendie, tout le moteur est en feu… Nous devons réagir vite, parvenons à ouvrir le capot avec des bâtons et maîtrisons les flammes à l’aide du sable de la piste… Ouf, pas de blessés mais une petite frayeur tout de même nous n’étions pas loin de la catastrophe….
Aujourd’hui c’est l’anniversaire d’Adrien, il vient de souffler sa plus grosse bougie ! Retour forcé à Belo sur mer…mais revenir dans ce petit village de pêcheurs n’est pas une contrainte en soit, je compatis plus pour Faly qui a perdu gros aujourd’hui…

Le lendemain nous avons une nouvelle voiture et un nouveau chauffeur pendant que Faly espère réparer la sienne..

A partir de là tout semble rentrer dans l’ordre, nous arrivons à Morombe sans la moindre embûche !

Le lendemain direction Andavadoaka à deux heures de piste seulement, endroit propice à la baignade et détente en toute tranquillité.

Le lendemain nous partons en direction d’Ifaty, le chemin par la piste est sublime, nous longeons le littoral quasiment seuls au monde. Petite pause déjeuner à Salary, un village perdu en bord de mer. Francesco le patron du restaurant, nous concoctera un repas pantagruélique à base de poisson frais tout juste ramené du lagon. Arrivés à Ifaty, nous avons un pied de plus dans la civilisation mais cela nous permettra de manger comme des rois encore une fois. Avec Guillaume et Mélanie nous partons titiller la boite de nuit locale mais je dois avouer qu’il y avait plus d’ambiance la semaine dernière dans la brousse…

Salary

Salary

Le lendemain après avoir déguster quelques langoustes, nous partons pour Tuléar, étape où je devrais quitter mes compagnons de voyage car ayant un peu plus de temps devant moi, je décide de rester quelques jours sur la côte à Anakao, histoire de me reposer un peu, faire de la plongée et prendre le temps d’écrire cet article au bord de la mer. Je réalise que depuis mon arrivée à Mada, je ne me suis pas encore retrouvé seul enchaînant de superbes rencontres et découvrant ce pays magnifique via un parcours assez aventurier et parsemé d’imprévus. J’ai le sentiment que Mada est la destination parfaite pour moi pour achever mon tour du monde…

Plongée à Anakao

Plongée à Anakao

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A la fraiche à Zanzibar

Après avoir fait 4 jours de safari, je m’offre le luxe de rester une journée supplémentaire à Arusha. La vérité c’est que depuis mon départ de Dar es Salam, j’ai passé toutes mes journées dans des véhicules et enchaîner une journée de plus ne me tente que moyennement… De plus, j’ai besoin de me poser un peu pour définir la suite de mon voyage.

Dans la matinée, deux japonaises de mon hostel me proposent de venir visiter un orphelinat en leur compagnie. C’est quelque chose de nouveau pour moi, j’accepte donc avec enthousiasme. Cet orphelinat est tenu par un couple d’américains et fait figure d’établissement 3 étoiles par rapport à la moyenne du continent. En Afrique, certainement plus qu’ailleurs de nombreux enfants sont livrés à eux même et les causes sont multiples : mort des deux parents, mort à l’accouchement de la mère célibataire, manque d’argent pour une bouche supplémentaire à nourrir etc…

Visite de l'orphelinat

Je repars pour Dar, mais cette fois-ci le temps de trajet est supérieur à l’aller et en encore plus inconfortable… Arriver à faire divaguer son esprit pendant ces longues heures est la clef de la réussite.. mais qu’il est loin le temps des bus ultra confort péruviens…

Pas de temps à perdre, la matinée suivante je prends le ferry pour Zanzibar, ancien repère de forbans et véritable carrefour culturel du fait de son histoire aux influences d’Oman, indiennes, portugaises et africaines. Si bien qu’une fois posé le pied sur l’île j’ai l’impression d’avoir changé de pays.

De part l’architecture, Stone Town, la « capitale » a un véritable cachet, ce qui change de Dar et d’ Arusha. Il y a de beaux bâtiments coloniaux avec des balcons en bois, un labyrinthe de ruelles étroites.

De part sa population aussi l’île se démarque du continent car celle-ci est quasiment entièrement musulmane. Et petit détail, nous sommes en plein Ramadan donc pour manger la journée je suis obligé d’aller dans les restaurants touristiques.

Bon, parlons bien, parlons football ! Ce soir, la France affronte le Nigeria en huitième de finale, je trouve donc un bar approprié. A cette occasion, je sympathise avec pas mal de gens, ce qui me permettra de célébrer cette belle victoire française 2-0.

Allez la France !

Allez la France !

Vient le temps pour moi de me diriger vers le nord de l’île et profiter des plages zanzibarites. Je trouve une guesthouse à un prix décent, la plupart des autres options d’hébergement étant nettement supérieur à mon budget, la Tanzanie n’étant définitivement pas la destination backpackers par excellence. Peu importe ! J’y suis et je compte bien profiter de la plage jusqu’à la récupération de mon passeport ! Dès mon arrivée, je me renseigne sur les tarifs de la plongée car depuis le passage de mon open-water en Colombie je n’ai pas eu l’occasion d’explorer les fonds marins. Après une négociation tarifaire je plongerais demain matin.

Je ne verrais certes pas de tortues ni de dauphins mais les sites sont à la hauteur de leur réputation. Nous ne sommes pas au niveau de la beauté des fonds indonésiens mais un cran au dessus des colombiens. Au menu aujourd’hui : des murènes, des poulpes, grosses méduses, poissons crocodiles, poissons lions (nous sommes en Tanzanie tout de même), des stingrays, poissons clowns et des milliers de petits poissons colorés, un délice !

Zanzibar

Zanzibar

Le lendemain, je me serais bien offert le luxe de deux autres plongées mais je commence à faire sérieusement attention à mes finances, je pars donc une séance de snorkeling sur le récit corallien de l’île de Mmemba. Sur le bateau je fais la connaissance de Phil et Pat, un couple d’anglais d’une bonne cinquantaine d’années super cools qui sont aussi mes voisins de palier.

Bien que les masques et tubas ne valent pas le plaisir des bouteilles et du régulateur, là encore il y a plein de belles choses à contempler. L’excursion sera suivie d’un petit barbecue sur une plage déserte, la vie à cet instant pourrait être pire…

Journée snorkeling

Journée snorkeling

Parlons bien parlons coupe du monde ! (Je m’excuse auprès de mon lectorat féminin pour ces digressions footballistique), ce soir c’est France-Allemangne !

Sur le chemin pour aller voir le match, je rencontre deux allemands qui eux commence tout juste un tour du monde. Maria et Charly seront mes meilleurs ennemis du soir ! Je commente le match avec pragmatisme dans un premier temps puis avec manque d’objectivisme au fur et à mesure que les minutes passent et que je sens la défaite arrivée.. Bref, on a perdu. De plus, ma seconde équipe de cœur, la Colombie connaîtra le même sort…

Oh ça fait déjà quatre jours que je suis ici, je n’ai pas trop vu le temps passé. A force, je commence à avoir mes petites habitudes et commence à connaître du monde ainsi que tous les vendeurs de souvenirs (et potentiellement de marijuana) de la plage.

Pour cette dernière journée les pieds dans le sable, je me contenterais de nager et rien foutre. Je bois l’apéro avec Phil et Pat et retrouve un peu plus tard Katleen et son frère, deux sud africains rencontrés la veille. Après avoir dansé sur le bar entre deux matchs de foot, nous partons faire la fête dans un club des environs. Malgré la musique commerciale et un peu pourrie il faut le dire, l’ambiance est là et passons une bonne soirée.

Zanzibar

Zanzibar

Mini gueule de bois le lendemain, je repars avec mes quinquagénaires en direction de Stone Town pour une dernière soirée avant de regagner le continent et régler mes problèmes administratifs et quitter le pays.

J’ai réservé mon billet d’avion avec le postulat que je récupérerais mon passeport sans retard et que je réglerais mon problème de visa au bureau de l’immigration ds la foulée… Bien que la Tanzanie me plaise, elle me coûte cher, il faut donc que je parte au plus vite..

Je récupère mon nouveau passeport, la veille de mon départ. J’ai un passeport grand voyageur, c’est à dire avec plus de pages, je vais pouvoir aller à nouveau dans plein de pays dans les années à venir;-)

Cependant, il me reste une dernière formalité : le bureau d’immigration. Le lendemain à la première heure, j’explique ma situation, l’agent me fait attendre un bon moment puis me fait passer derrière les guichets. Là, il me pose des questions sur un ton agressif me demandant quand est-ce que je suis arrivé sur le territoire et surtout comment et où j’avais perdu mon passeport. Je lui répète ce que je lui avais dit précédemment et il finit par me renvoyer en salle d’attente. Plus tard, il revient et presque en criant :

                  -« You ! Come !!! »

Il me sermonne et m’emmène voir ses chefs, il leur parle en swahili puis ces derniers me reposent une nième fois la question où avais je perdu mon passeport. Je lui réponds encore invariablement… Puis l’un d’entre eux me demande si j’avais couché avec une tanzanienne pendant mon voyage, rigole.., me fais un check et tout le monde se met à rire. Mon problème d’immigration semble être réglé !!! J’avoue que je n’ai pas tout compris…

Je prends mon avion pour Madagascar, qui sera certainement le dernier pays de mon voyage mais je compte bien l’explorer au maximum. Hasard du calendrier, aujourd’hui c’est l’anniversaire de mon voyage, j’ai commencé il y a tout juste un an et cette heure là je partais en direction de Moscou. Pour moi c’était hier…

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Découverte du continent africain ou comment vivre le Roi Lion tout éveillé.

Avoir passé trois semaines en France, l’occasion de revoir les amis et la famille et de reprendre les quelques kilos perdus en Amérique du sud, le VeryPadTrip reprendre du service !

Je me dirige vers un nouveau continent qui m’est quasi inconnu à ce jour : l’Afrique, qui m’attire de plus en plus depuis quelques années. Même si pour certains c’est une destination qui rebute un peu, moi je compte bien me faire ma propre idée, je suis sur qu’il y a plein de merveilles à découvrir.

Etrange impression que de reprendre la route après avoir été en présence de ses proches pendant quelques semaines, c’est un peu comme si je repartais de zéro. Mais je compte sur ma soif de découverte toujours pas étanchée pour me faire aller de l’avant. C’est la dernière partie de mon voyage et je pense vadrouiller jusqu’à l’épuisement total de mes économies et après cela sera le vrai retour. D’ici la, j’ai tout intérêt à profiter de mes derniers mois !!!

Nous sommes le mardi 17 juin 2014, j’ai en poche mon billet pour la Tanzanie, un aller simple comme d’habitude. En ce début de soirée l’aéroport de Roissy est quasi désert bien loin de son agitation diurne. Sept heures plus tard je fais escale à Addis Ababa en Ethiopie, étape qui symbolisera mes premiers pas en Afrique de l’Est puis 4h plus tard je m’envole pour ma destination finale : Dar Es Salam.

Fraîchement arrivé je retrouve Paname, une copine qui habite ici depuis un an, je squatterais chez elle ces prochains jours. Nous partons boire l’apéro à la plage devant l’océan indien que je n’avais pas vu depuis un certain temps. J’en profite pour glaner quelques conseils pour mon voyage et connaître un peu mieux les mœurs locaux.

Dans la soirée, je me rends compte que j’ai perdu mon passeport, quelle malchance pour un premier jour ! Cela dit, celui-ci était plein…Ca ne tombe pas si mal 😉 Par chance, Paname travaille à l’ambassade de France et pourra se renseigner pour moi concernant les démarches à suivre.
Je vais au commissariat local dès le lendemain matin faire une déclaration de perte et là je fais un voyage temporel dans les années 60 ! Absolument rien n’est informatisé, il y a des piles énormes de vieux dossiers qui semblent se décomposer au fil du temps. Les seuls équipements du bâtiment sont les uniformes, les kalachnikovs, des registres et quelques téléphones fixes.. La tentation de prendre quelques clichés est grande mais je m’abstiens…

Dans la foulée, je pars à l’ambassade de France pour refaire mon passeport qui sera près d’ici deux semaines et demi, d’ici là je suis libre de circuler dans le pays.

Le lendemain je pars pour la journée sur l’île Bongoyo à 30 minutes de bateau de la capitale. Cet endroit est bondé le weekend mais nous sommes vendredi donc l’endroit est quasi désert j’en profite pour me reposer, nager et un peu planifier ma prochaine étape.

île de Bongoyo

île de Bongoyo

Le soir venu je retrouve Paname, c’est la fête de la musique en France et également à Dar es Salam à l’alliance française, au programme : concerts et match de la France contre la Suisse !! Paname me présente à tout le monde, nous buvons quelques verres, apprécions les concerts et personnellement cette belle victoire française 5-2 ! Allez les bleus. Nous finirons la soirée à danser dans un club de la ville pour finir assez tard dans la nuit. Un bon petit vendredi comme je les aime !

J’étais supposé partir le lendemain matin mais le manque de sommeil et la gueule de bois me feront rester un jour de plus. Au passage, merci Paname pour ton accueil 😉

Je pars donc pour Arusha le dimanche. Dans un premier temps je vais à la station de bus enfin si l’on peut appeler cela une station, cela ressemble plus à un terrain vague. C’est un joli bordel qui semble caractériser un peu l’Afrique, pas de réelle infrastructure, plein de rabatteurs, dse vendeurs de boissons et de nourriture en masse.
Après 10 bonnes heures de trajet inconfortable, j’arrive à destination. On m’avait dit que les chauffeurs de bus tanzaniens roulaient à tombeau ouvert. Ce n’est pas faux mais je crois que mes voyages en Inde m’ont blindé à ce niveau, j’ai vu pire ailleurs.

Le lendemain, je m’occupe de mon futur safari. Le seul gros problème de la Tanzanie c’est le prix, toutes les activités sont atrocement chères. De plus j’arrive à la fin de mon voyage et les 700 dollars négociés me font très mal au porte feuille. Mais bon, le Serengeti est un rêve pour moi depuis longtemps et réaliser un rêve n’a pas de prix… enfin si 700 dollars en l’occurrence..

Je signe pour un tour de 4 jours mais je dois rejoindre un groupe, déjà parti ce matin, qui fait une journée de plus. En parlant avec Alli, qui travaille pour l’agence, tout paraît très simple mais dans les faits c’est un peu moins fluide… Tout d’abord, je passe par une première agence, qui en fait sous-traite par une autre puis je pars à une sortie de station de taxi collectifs, les mecs de la seconde agence donnent des indications au chauffeur. Je suis impressionné par le nombre de choses qu’ils arrivent à charger, personnes comprises.

Le coffre et l’habitacle chargés à leur paroxysme, nous partons. A chaque aspérité du bitume, les amortisseurs sont mis à mal. Je m’arrête dans une petite bourgade avec mon sac, ma tente, mon matelas de sol et tout le bordel. Là, deux autres types me réceptionnent et m’emmener rejoindre le groupe. Au total, j’aurais été trimbalé par une douzaine de personnes mais l’objectif est atteint. Plus de doutes, je suis bien en Afrique !

Je fais connaissance avec le guide, le cuistot ainsi qu’avec mon groupe (Peter et Gresha, deux polonais et Miranda, une américaine). Depuis mon arrivée dans le pays, j’ai remarqué que j’avais perdu mon anglais et que l’espagnol venait spontanément à la place mais celui-ci revient peu à peu.

Petite jubilation personnelle : après avoir passé des heures devant les documentaires animaliers de la 5, je vais enfin voir ce spectacle dès demain, je m’endormirais avec le sourire aux lèvres.

Nous partons pour le parc du lac Manyara. Ici, tout le monde souhaite voir le Big five (Lion, léopard, buffle, éléphants et rhinocéros) mais malheureusement cela n’est pas donné à tout le monde, aurons nous de la chance ..?
Nous commençons par croiser des singes par dizaines, des milliers d’oiseaux et de papillons. Puis, des gnous, phacochères, hippopotames, gazelles, antilopes, zèbres et éléphants (pour ces derniers, à 3 seulement mètres de la voiture !). Le nombre d’animaux et la variété des espèces sont impressionnants.

La vue sur le lac Manyara est splendide. Il y a tellement de flamands roses que l’on a l’impression que le lac a une couche rose au loin, tandis qu’en premier plan, des groupes de girafes se baladent tranquillement sur les rives du lac.

Elephants du lac Manyara

Elephants du lac Manyara

Le lendemain matin, nous partons pour le Serengeti mais tout d’abord nous traversons le parc Ngorongoro et nous arrêtons sur un point de vue dominant le cratère…impressionnant ! Il est difficile de s’imaginer que cet espace de 2000km² était autrefois un volcan…

Sur le chemin, nous passons à côté de nombreux villages masaïs, je prendrais bien quelques photos des habitants mais ces derniers ont tendance à réclamer de l’argent pour chaque cliché pris, par principe, je m’y refuse.

Nous arrivons enfin dans le parc mythique, et traversons de la savane aride qui lassera ensuite la place à des herbes hautes. C’est là que je verrais mon premier lion ainsi qu’un groupe de hyènes près de la piste. Un peu plus tard, nous sommes à 3 mètres d’un groupe de 10 lionnes installées près d’un cour d’eau, celles-ci semblent bien paisibles et n’ont aucune peur du 4×4. On aurait envie de sortir de la voiture et aller jouer avec ces grosses peluches…mais la taille de leurs gueules et de leurs pattes fait réfléchir…

Nous parcourons les plaines sublimes du Serengeti pour tomber au cœur d’un troupeau de milliers de zèbres…Incroyable sensation !!!

Le soleil étant de plus en plus rasant, les couleurs de la savane sont sublimées, avec cette fauve incroyable il ne manque rien à ces visions de cartes postales. Le soir venu, nous installons nos tentes dans un camping au cœur du parc.

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Serengeti

Serengeti

Cette nuit, attirées par les odeur de nourriture deux hyènes sont entrées dans le campement, à une vingtaine de mètres de ma tente… Mais ici, cela ne semble surprendre personne…

Nous partons avant l’aube avec l’espoir de voir quelques prédateurs chasser mais en vain. Toutefois, le lever de soleil vaut bien à lui seul un réveil matinal et on ne se lasse pas de voir cette ribambelle de gros mammifères. En bonus, nous verrons même deux guépards.

Après le déjeuner, nous repartirons vers le parc Ngorongoro pour prendre place dans un camping. Petite surprise, nous partageons l’espace avec une dizaine de zèbres quoi de plus normal ?!

Pas de visite de hyènes ou autre la nuit dernière même si, ici il est probable de croiser des éléphants si vous allez aux toilettes pendant la nuit..
Quatrième et dernier jour de safari, nous descendons dans le cratère Ngorongoro.

Pouvez vous imaginer une savane d’une incroyable biodiversité à l’intérieur d’un ancien volcan ? Bah c’est exactement cela le Ngorongoro ! J’avais hâte de voir tout cela de mes propres yeux car jusque là j’avais du mal à l’imaginer…

C’est même au delà de mes espérances et il y a énormément d’animaux à l’instar du Serengeti mis à par des girafes, nous verrons même un autre membre du big 5 : le buffle d’Afrique.

Du fait que le climat soit plus frais ici, nous avons la chance de voir des hippopotames hors de l’eau (encore une fois de très près) car normalement ces derniers restent dans l’eau la journée et se nourrissent la nuit.

Nous pic-niquerons près d’un petit lac avec pour spectacle des hippopotames jouant à une dizaine de mètres de nous. Puis vient le temps de regagner Arusha. C’est dommage, je me plaisais bien dans l’univers dz Simba moi…

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Ngorongoro

Ngorongoro

Ce safari aura été, sans aucun doute, un des points marquants de mon voyage, tout ce spectacle est difficile à décrire, il se vit et se contemple… Avis aux amateurs;-)

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Mon final sud américain

Je pose enfin le pied en Bolivie, le dernier pays d’Amérique du sud que je visiterais.. Je n’ai qu’une grosse semaine ici mais tout est de ma faute (et celle de Pedro) : j’ai passé plus de temps que prévu au Pérou et surtout en Colombie, mais c’est sans aucun regret…

Je descends donc à Copacabana, un village situé au bord du lac Titicaca. Ma première impression concernant le lac est confirmée, celui est énorme culminant à 3800 mètres d’altitude. A l’instar du lac Baikal en Russie, j’ai la sensation de me retrouver face à la mer. Malheureusement, je n’aurais pas le temps de visiter les petites îles voisines, je me contenterais donc de me balader au bord de cette immense lagune.

Copacabana

Copacabana

Le lendemain je pars pour La Paz, la capitale. Dans la foulée, je réserve un billet de bus pour partir à Uyuni le soir même. Cela me donne quelques heures pour visiter le centre, j’y retrouve ici les traits de caractère d’une capitale : des gens de tous les styles et de toutes les classes sociales, le rythme de vie stressé des grandes villes, le trafic automobile. Néanmoins, il fait bon de se balader dans certains quartiers.

Rapidement, il est l’heure de prendre le bus. La route pour Uyuni est plus une piste qu’une route à proprement parler. Arrivé à 8h du matin, le froid s’empare de moi, il caille grave dans cette putain de ville (et ce n’est qu’un début) ! Je réserve un tour de 3 jours quasiment en sortant du bus, nous nous mettons d’accord sur le prix et je partirais 2 heures plus tard pour le mythique salar de Uyuni (le plus grand désert de sel du monde) et le sud Lipez. Depuis quelques mois, je sais que cette boucle sera comme le grand final de mon voyage en Amérique du Sud.

Mes compagnons de voyage sont boliviens, slovaques et brésiliens, la langue à bord est l’espagnol et cela me convient très bien car plus le temps passe et moins j’apprécie être dans un groupe seulement anglophone, bien que je parle toujours mieux anglais qu’espagnol.

Nous commençons par la visite d’un cimetière de trains, autrefois utilisé pour transporter les minerais, l’argent notamment. Aujourd’hui, le minéral en vogue est le lithium, utilisé pour les batteries de téléphones portables notamment, la plus grande réserve du monde se situe ici, certainement au détriment de cette nature unique.

Les choses sérieuses commencent, nous entrons dans le salar… Au bout de quelques kilomètres, nous sommes littéralement entouré de blanc, comme entre ciel et terre, un tout autre monde… La croûte de sel fait 12 mètres d’épaisseur et le désert quelques 10582 kilomètres carrés autant dire que nous sommes des petites merdes au milieu de cette immensité !

Nous nous arrêtons au milieu de nulle part pour manger. Je jubile quelque peu car déjeuner au milieu du salar est un luxe que l’on ne peut pas se permettre tous les jours;-)

Salar d'Uyuni

Salar d’Uyuni

La panse bien pleine, nous nous rendons sur l’île de Incahuasi, au milieu du désert. Cette dernière a plusieurs particularités, la première est que des centaines de cactus sont éparpillés sur sa superficie. La seconde et pas des moindres est que l’île est composée d’anciens coraux témoignant de la présence d’une mer il y a des millions d’années (Rappelons que nous sommes à 4000 mètres d’altitude). Sur l’île, je verrais un étrange animal qui ressemble à un lapin avec une longue queue et qui saute comme un kangourou. C’est incroyable comme la vie peut apparaître dans ces conditions, cette petite île est isolée au beau milieu du salar…

Nous quittons le désert et arrivons dans un hostel…de sel ! Les murs sont en sel, les tables, lits et sièges également, le sol en est jonché, c’est assez original !

Ile de Incahuasi

Ile de Incahuasi

La nuit a été fraîche, c’est le moins que l’on puisse dire.. Nous partons à la découverte des déserts du sud Lipez. Tout au long de la journée nous nous arrêterons pour prendre quelques clichés des paysages et des lagunas se trouvant sur le parcours. Cela sera aussi l’occasion d’admirer les flamants roses, omniprésents dès qu’une étendue d’eau fait son apparition.

Après avoir vu l’arbol de piedra (l’arbre de pierre), une curiosité locale, nous admirons la laguna colorada, un lac de couleur…rouge qui sera le final de notre journée.

Laguna Colorada

Laguna Colorada

Le soir venu, je me retrouve avec mon groupe et d’autres brésiliens avec qui j’avais sympathisé la vieille pour un solide apéro. Autre petit détail jubilatoire, je verrais la plus belle nuit étoilée de toute ma vie ! Le ciel est impressionnant, même à l’horizon on peut voir une multitude d’étoiles. Il faut dire qu’ici nous sommes entre 4000 et 5000 mètres d’altitude et surtout il n’y a pas la moindre pollution visuelle. Cette vision extraordinaire nous ferait presque oublié les -15 degrés qu’il fait dehors.

Après avoir tué quelques bouteilles de vin, Juan Carlos, notre chauffeur, nous fait signe qu’il ne faut pas tarder à nous coucher histoire de ne pas déranger les autres groupes. Je parle avec lui, celui-ci est totalement bourré, je lui propose de boire un verre avec nous, 5 minutes plus nous chantons tous ensemble l’hymne de son équipe de foot :

– « Bobobo-Lili-Vavar !!!! Viva Bolivar !!! Toda la vida !! »

Place à la troisième et dernière journée de ce tour. Nous étions censé partir à 6 heures du matin mais Juan Carlos a une petite heure de retard.. Nous partons à 4900 mètres d’altitude pour voir les geysers, une grande première pour moi. Au milieu de nulle part, des gaz à l’odeur de souffre jaillissent du sol.

Geyser du Sud Lipez

Geyser du Sud Lipez

Ensuite, il est l’heure de prendre un petit bain, direction les eaux thermales non loin d’ici. La température de l’air est bien en dessous de 0 mais quelle joie de se baigner dans une eau à plus de 35 degrés. Mes cheveux commencent à geler à l’extérieur… il n’y n’est pas facile de sortir et de se confronter à nouveau avec le froid…

Eaux thermales, à l'extérieur il caille !

Eaux thermales, à l’extérieur il caille !

Enfin, nous partirons voir un dernier lac puis il sera temps de rentrer à la ville de Uyuni… Dur de résumer ces trois derniers jours en un seul mot…grandiose, incroyable, je ne sais pas mais une chose est sur, ce final ne m’a pas déçu bien au contraire…

Le lendemain, je pars pour Potosi, une des villes les plus hautes du monde (plus de 4000 m) qui était autrefois une ville plus que prospère grâce à ses mines d’argent qui faisait de la Bolivie le pays le plus riche d’Amérique du sud. Malheureusement, malgré que des gisements soient toujours exploitables, les choses ont bien changé aujourd’hui, c’est devenu le pays le plus pauvre du demi-continent. Je visite un peu la ville, nous sommes dimanche, et à mon grand désespoir le jour du seigneur semble un peu mort en Bolivie, quasiment rien n’est ouvert… Ça sera repos aujourd’hui, dimanche quoi !

Le lundi matin je visite une mine du mont Potosi. J’appréhende un peu le fait de me retrouver dans des tunnels confinés, longs de plusieurs kilomètres mais nous verrons bien !

Avec le guide, nous commençons à visiter le marché des mineurs où chacun peut acheter ce dont il a besoin : feuilles de coca, dynamite etc.. . Ici, il y a pas de salariés, chaque mineur est indépendant et sera payé au rendement, les conditions de travail ont l’air d’être extrêmement dures.

Vient le temps de s’enfoncer dans la mine, nous parcourons les tunnels dont certains sont de plus en plus étroits, on doit parfois s’agenouiller pour passer. Au fur et à mesure que nous nous pénétrons au cœur de la montagne, la température monte, et il y a un peu plus de poussière. Nous allons jusqu’à voir le Tio, sorte de diable protecteur de la mine à qui il est normal de donner quelques offrandes (cigarettes et feuilles de coca). Je vis bien le fait de me trouver dans la mine mais au bout d’une bonne heure et demi, je suis bien content de me retrouver à l’air libre.

Mineurs dans la mine de Potosi

Mineurs dans la mine de Potosi

Une fois douché, je pars directement pour la ville de Sucre, je n’ai pas beaucoup de temps à y consacrer mais le climat et l’atmosphère en font une ville coloniale qui semble agréable.

Le lendemain, je prendrais un vol pour Santa Cruz, ma dernière destination bolivienne avant de prendre la direction de l’Europe.

Aujourd’hui, c’est un moment un peu particulier pour moi : après 8 mois sur le continent américain dont plus de 5 mois en Amérique latine, il est temps pour moi de rentrer en France, ou plutôt d’y repasser avant la découverte de l’Afrique. C’est un très beau chapitre qui se referme en ce 21 mai 2014. Jusqu’ici je n’avais jamais voyagé seul aussi longtemps. Les petites appréhensions que j’avais en quittant Montréal ont laissé place à la sérénité. Les doutes que j’avais en arrivant au Mexique concernant ma capacité à parler et apprendre l’espagnol ne sont plus qu’un lointain souvenir. Je me rappelle de mes débuts quand les gens me parlaient et que je ne comprenais absolument rien, aujourd’hui, bien que que j’ai encore des progrès à faire, je peux converser facilement avec quelqu’un. J’espère ne pas perdre ce tout ce que j’ai appris ces derniers mois, en espérant que c’est comme le vélo… Je viens à peine de partir de l’Amérique du sud que je veux déjà y retourner. Si c’était la fin de mon voyage, je serais plus que triste mais tout va bien car l’Afrique m’attend dans quelques semaines. Malgré le temps passé, mon appétit de voyageur ne s’est pas tari, c’est même, je crois, plutôt l’inverse… Amis lecteurs, n’ayez pas d’inquiétudes TheVeryPadTrip n’est pas encore terminé 😉

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Canyon de Colca, sublime Machu Picchu et bonjour Pedro !!!!

Comme je l’évoquais dans mon article précédent, me voici fraîchement (ou pas) débarqué à Arequipa. La raison de ma venue est motivée par deux choses : voir les fameux condors, les plus grands oiseaux de proie du monde et le canyon de Colca, deux fois profond que le grand canyon aux Etats-Unis, mais celui-ci n’est que le deuxième plus grand canyon du monde (3400 m) derrière son voisin, le Cotahuasi à 135 mètres près.

Arequipa, surnommée la cité blanche, est une ville provinciale plutôt agréable. Il y a une multitude d’agences proposant leurs services mais cette fois je compte bien faire mon petit trek tout seul comme un grand, surtout qu’à priori il y a des hostels au fond du canyon, je n’ai donc pas besoin d’équipement particulier.

Je pars pour Chivay, village se situant à 40 kilomètres du canyon et y passe la nuit. Le lendemain ou plutôt en pleine nuit, je me lève à 3h30 pour prendre le premier bus. Il est 4h20 celui ci est déjà bondé, je passerais une heure et demi, debout, courbé (car le véhicule est trop petit et moi trop grand). Moi qui suis d’un naturel matinal, c’est une bonne entame de journée… Voir les condors et vouloir esquiver les tours organisés se méritent semblerait-il. J’arrive à Cruz del Condor, un mirador, pour admirer les fameux rapaces. Il fait encore nuit et nous ne sommes que 5 ou 6 à attendre les premières lueurs du jour. Une fois le soleil levé, nous les apercevons enfin, immenses et majestueux se laissant planer dans les courants ascendants du canyon, petit moment calme et privilégié avant que les bus de touristes arrivent. Peu de temps après je partirais sur la route afin de trouver le chemin de mon trek. Je suis absolument seul sur la route, je ne croise que très peu de voitures. Petit cadeau de la nature, 5 ou 6 condors passent au dessus de moi à à peine 15 mètres de hauteur.

Au bout d’une heure de marche, un conducteur s’arrête me demandant ce que je fais ici, je lui explique et celui me prend en voiture car apparemment le chemin est encore un peu long…

Un condor

Un condor

Ravi d’avoir gagner une bonne heure je peux enfin commencer ma marche. Je descends l’intégralité du canyon soit un dénivelé de 1300 mètres. Arrivé au cœur de la vallée je croise quelques habitants vivant dans de tout petits villages. Je monte, je descends si bien qu’à un moment je me perds un peu. Au bout d’une heure sans avoir vu âme qui vive, on me confirme que je suis bien dans la bonne direction..ouf !!! La fatigue commence à se faire sentir en début d’après midi, un chemin est fermé car il y a eu quelques travaux ces derniers temps. Cette route est plus rapide je le sais. Je vais donc voir ce qu’il en est et comprends rapidement pourquoi le chemin est barré. La piste est coupée par des éboulis, des petites pierres continuent de tomber, le vent remonte la poussière dans le sens inverse, il y a moyen de se faire mal. Je tente de passer et y parvient en me rendant compte que c’était peut être un peu dangereux… D’ailleurs le soir, quand je discutait de cela avec d’autres voyageurs, ils me prendront pour un malade…

Une bonne heure plus tard, j’arrive enfin à l’Oasis qui n’a pas usurpé son nom. C’est un véritable paradis verdoyant au fond de la vallée, les chambres des hostels sont rudimentaires mais ils sont tous dotés d’une piscine, le tout pour 5 dollars la nuit, j’achète ! (et je n’ai pas le choix). Exténué par cette longue journée, je déguste une bière fraîche et une clope dans ces eaux bleues chlorées.

Canyon de Colca

Canyon de Colca

Le lendemain, réveil encore matinal (4h30) pour un dernier effort : remonter les 1300 mètres de dénivelé… joli programme en guise de petit déjeuner. J’atteins le haut du canyon en deux heures au lieu des 3 théoriques et me dirige ensuite vers Cabanaconde pour prendre un bus pour revenir sur Arequipa dans l’après-midi et enchaîner sur un bus de nuit afin de me rendre à Cusco. J’ai encore une fois le désagréable sentiment de passer ma vie dans les bus et les terminaux.

Me voici arrivé dans cette ville qui semble chargée d’histoire et qui a plus de cachet que les villes précédentes. Le temps étant pluvieux aujourd’hui, je me contenterais d’une visite assez succincte et d’un peu de repos bien mérité.

Le lendemain, c’est avec grand plaisir je retrouve Tim (cf. les épisodes colombiens) et sa copine Oriana que j’avais rencontré à Cali. Nous n’avons pas le choix, il faut fêter les retrouvailles et cela tombe très bien car ces derniers temps je n’ai fait que de la grimpette et pas du tout de fête, tout vient à point à qui sait attendre !

Le jour suivant, nous nous baladons dans Cusco et réservons notre transport et hébergement pour le mythique Machu Picchu, passage obligatoire de tout voyage au Pérou.

Le lendemain, nous passons 7 heures dans un minibus avant d’atteindre la station hydroélectrique, à partir de là, 2 options possibles : marcher 2 heures 30 ou prendre le train pour arriver à Aguacaliente, le village au pied du site Inca. Vu le prix plus qu’abusif de l’option ferroviaire (25 dollars pour 30 minutes de trajet, le TGV est beaucoup moins cher proportionnellement), nous choisissons la première option.

Un autre choix s’offre à nous le lendemain matin : monter à pied ou prendre le bus (10 dollars), nous commençons donc la marche de nuit pour arriver aux portes à 6h du matin, bizarrement nous sommes peu à monter à pied, il faut dire que la pente est raide.

Après le Taj Mahal en Inde et la muraille de Chine, il est temps pour moi d’admirer ma troisième merveille du monde  : le Machu Picchu !

Même après avoir vu des dizaines de photos de ce site auparavant, le fait de le voir de ses propres yeux n’a rien de comparable. D’une part, les ruines s’étendent sur une superficie impressionnante et sont très bien restaurées. Et d’autre part, la cité Inca est perchée au milieu de pics rocheux tout aussi majestueux. L’ensemble est à couper le souffle et impose le respect.

Aujourd’hui encore personne ne sait vraiment pourquoi le Machu Picchu a été construit, mais les moyens déployés à l’époque ont été colossaux.

Machu Picchu

Machu Picchu

Machu Picchu

Machu Picchu

Après cette magnifique claque visuelle, il est temps de prendre le chemin du retour. Notre timing est plutôt serré, nous marchons pour la station hydroélectrique quand nous voyons le train arrêté en pleine voie… A l’image de clandestins, Oriana, Tim et moi nous nous accrochons à l’arrière du dernier wagon puis celui ci repart… Nous grattons un kilomètre gratuitement quand celui ci s’arrête et le personnel vient à notre rencontre :

– « Que hacen ?!!! Estan locos o que ?!!! » (Qu’est ce que vous faites ?!! Vous êtes fous ?!!)

– « Disculpe, disculpe ! » (Excusez nous, excusez nous !!)

Bah à ton avis, on fait quoi ? On veut prendre le train sans payer… Version péruvienne du saut de tourniquets à Paris.

Bref, nous arrivons à temps et repartons pour Cusco dans la foulée. Hasard du calendrier, nous sommes samedi soir, une soirée s’impose donc, malgré la fatigue et l’ambiance était au rendez-vous.

Un dimanche comme beaucoup d’autres dans mon existence s’en suivra, fatigué et la tête lourde. Aujourd’hui, je me contenterais de boire quelques bières avec Marc, mon pote québécois rencontré en Equateur qui repartira le lendemain pour Montréal.

Il est temps également de dire au revoir à Oriana qui doit rentrer à son tour, 3 jours de bus non stop l’attendent avant d’atteindre la Colombie, la pauvre… Suerte amiga !

Pour éviter que Tim ne cogite trop et broie du noir nous décidons d’aller faire la fête, nous sortons au Temple, c’est lundi soir mais bizarrement plus les heures passent plus la boite se remplie, c’est la folie ! Je n’ai jamais vu cela en début de semaine… Une adresse que je recommande vivement à Cusco.

Après un jour de récupération, nous partons pour Ollantaytambo, un petit village très mignon à 2 heures de Cusco. Nous y rencontrons Elder, le chaman de vallée. Ce dernier nous propose de nous initier à la cérémonie du San Pedro dont nous avions déjà entendu parler. Il s’agit d’un rituel chamanique où l’on ingurgite une boisson à base de cactus (le San Pedro), une plante sacrée, qui vous permet de vous sentir en communion avec la nature. Assez curieux de voir de quoi il s’agit, nous acceptons avec enthousiasme.

Deux jours plus tard, nous voici en compagnie d’Elder et de Juan, un Uruguayen, en train de gravir une montagne pendant 3h30 pour enfin arriver à un lac en son sommet. Au début de la randonnée, nous traversons des villages minuscules où la plupart des habitants très souriants ne parlent pas espagnol mais seulement quecha (cette langue semble venue d’une autre planète, le chinois a l’air plus accessible).

Descente de la montagne après la cérémonie

Descente de la montagne après la cérémonie

Arrivés au lac, nous commençons la cérémonie, Elder allume un feu, joue de la musique, chante des incantations et nous fait boire 3 petits vert du fameux b

Santé Pedro !

Santé Pedro !

reuvage au goût…atroce!

Le soleil fait son apparition, la musique continue, je me sens détendu… Quelque chose semble se passer, en effet, mais pour le moment rien de très violent. Nous partons faire le tour du lac, Juan a l’air complètement perché, Tim et moi aussi mais apparemment beaucoup moins. Nous commençons à pas mal rigoler, je vois Juan qui, littéralement, tombe de rire ! Nous prenons un dernier « vasito » de San Pedro et amorçons la descente…

Et là, changement de perspective. L’endroit où nous sommes est magnifique mais tout nous semble sublimé, les couleurs sont plus vives, plus brillantes, la communion avec la Pachamama (mère nourricière) est amorcée.

Nous marchons sur du velours, les lignes du relief descendant se confondent légèrement. La descente se fait de façon bucolique, nous marchons très tranquillement. Je regarde la montagne, celle-ci semble bouger quelque peu, j’ai l’impression de voir un tableau de Van Gogh, petites hallucinations. Le tout est assez incroyable.

Au bout d’un certain temps, nous comprenons que le San Pedro n’est pas une expérience anodine, nous sommes conscients mais assez haut perché et nous sentons que notre corps réagit par des maux d’estomacs assez violents. Au moment exact où nous commençons à nous sentir entre deux eaux c’est à dire pas très bien, Elder nous emmène chez une famille pour que nous déjeunon

Hola Pedro !

Hola Pedro !

s, timing parfait…

La maison dans laquelle nous atterrissons est probablement la plus pauvre et la plus insalubre que j’ai eu l’occasion de voir de toute ma vie. Une famille d’au moins 4 ou 5 personnes vit ici dans cette unique pièce partagée par des dizaines de cochons d’inde mais nous sommes reçus ici avec le sourire. La nourriture que nous mangeons est exquise, ce repas en comme un retour aux sources, aux valeurs essentielles de la vie, comme si seuls les besoins primaires suffisaient.

Nous continuons la descente et retournons à Ollantaytambo en début de soirée, nous finirons de récupérer de nos émotions autour d’un feu. Cette expérience nous aura fait passer par diverses émotions et nous a fait réfléchir sur pas mal de choses. Pour ceux que le San Pedro tenterait sachez, que la présence d’un chaman est obligatoire, il ne faut en aucun cas prendre cela tout seul. Seul le chaman sait comment préparer la potion et délivrer les doses suffisantes.

Enfin bref, on a fait la connaissance de Pedro !

Le lendemain, tout va bien, juste l’impression d’avoir pris une cuite. Il est temps de rentrer à Cusco, et devinez quoi ? Encore hasard du calendrier, c’est samedi soir !! De plus, lundi prochain, nos chemins, à Tim et moi, se séparent pour de bon cette fois, une grosse soirée s’impose donc, à l’image du temps passé ensemble. Nous repartons donc au Temple ça devrait être la folie à en croire notre expérience du lundi soir. Une fois sur place notre flair ne nous a pas trompé, il y a monde partout, une très grosse ambiance !!! Même à 5h30 du matin, heure à laquelle je trouverais le moyen de me faire viré de la boite, il y a encore une foule compacte.

Le lundi, je dis au revoir à Tim (Rdv en France mon pote ;-)) et pars pour Puno aux portes de la Bolivie, ma prochaine destination, et tombe nez à nez avec le lac Titicaca, lac navigable le plus haut du monde, que je verrais de plus près en Bolivie dès demain..

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Voyage au Pérou, au cœur de la cordillère des Andes

Pour ce nouveau pays, je ne franchi pas la frontière tout seul, Marc vient finalement avec moi. Ce dernier voulait aller aux Galapagos mais il n’y a pas d’avion avant une semaine, nous partons donc vers la cordillère blanche ensemble.

Depuis Montanita, nous avons enchaîné 5 bus pour enfin arriver à Huaraz au bout de 39 heures de transport (record personnel battu). Heureusement, les bus sont confortables au Pérou rendant le trajet supportable.

Concernant la région dans laquelle je pose mon sac, voici une description made in Wikipedia:

« La cordillère blanche s’étend sur 180 kilomètres de longueur et comprend 35 sommets d’une altitude supérieure à 6 000 mètres dont le Huascaran son point culminant avec 6 768 mètres d’altitude. La cordillère Blanche est la chaîne de montagnes tropicale la plus haute du monde« . Cette définition me pousse un peu à la curiosité…

Le lendemain, nous partons en excursion d’une journée afin d’atteindre la Laguna 69. Le chemin qui y mène est magnifique, il y a des cascades un peu partout. Le sentier n’est pas extrêmement pentu mais mon souffle se fait un peu court par moment, il faut dire que nous sommes à plus de 4000 mètres d’altitude et l’oxygène se fait plus rare. Au bout de quelques heures, à 4550 mètres, le lac apparaît enfin tel une récompense et pas des moindres. Je prends une claque visuelle comme rarement auparavant, cet endroit semble venir d’un autre monde. L’eau est d’un bleu clair unique, des nuances de gris composent la teinte des falaises, une petite cascade coule au centre, le tout est surplombé d’un glacier… Somptueux! Encore un lieu unique sur notre belle planète.

Laguna 69

Laguna 69

Au bout d’une heure, la pluie mettra un terme à notre admiration et nous pressera de redescendre au plus vite. Le soir venu, nous nous offrons une bonne pizza accompagné de vin argentin pour terminer cette journée en beauté.

Le lendemain je dis au revoir à Marc, quant à moi je compte rester quelques jours de plus dans la région. En effet, la randonnée d’hier m’a donné envie d’en voir un peu plus et de faire un trek dans la cordiliera blanca. Je partirais donc le lendemain pour faire le trek de Santa Cruz mais avant cela j’assiste au défilé de la semaine sainte. Des milliers de personnes défilent dans la rue, certains portant sur leurs épaules des représentations du christ, d’autres jouant d’un instrument de musique, rien d’extrêmement parlant pour l’athée que je suis mais cela illustre encore une fois la ferveur religieuse en Amérique du sud.

Défilé pendant la semaine sainte, Huaraz

Défilé pendant la semaine sainte, Huaraz

Le lendemain aux aurores, nous sommes 6 marcheurs, je suis le seul français parmi 5 israéliens. Ces derniers ont l’air sur-équipés : bâtons de marches, des sacs entiers de nourriture, un nombre impressionnant de vêtements, mini réchaud à gaz etc… Moi qui ai juste mes baskets pourries, 2 caleçons, 2 paires de chaussettes, 2 T-shirts et 5/6 barres chocolatées et une veste un peu chaude que j’ai emprunté à l’agence de voyage, j’en viens à me demander sur nous allons faire le même trek (3 à 4 jours)…Apparemment oui !

Nous marcherons 3 à 4 heures pour ce premier jour avant d’atteindre le campement situé près d’une rivière au milieu d’une vallée entourée de pics enneigée. Nous sommes environ à 3800 mètres au dessus du niveau de la mer. Je suis surpris qu’à cette altitude le paysage soit si verdoyant, j’imaginais cela beaucoup plus sec. Nous engloutirons un repas copieux avant d’aller nous coucher dans les tentes.

Premier campement, trek Santa Cruz

Premier campement, trek Santa Cruz

Cette première nuit n’aura pas été la meilleure de ma vie car mon grand dos sensible (ou devrais je dire mon dos tout pourri et vieillissant) n’apprécie pas trop le camping. Mais peu importe j’ai dormi et me sent d’attaque pour cette deuxième journée. Je pars devant tout seul pour deux raisons : la première est que mes partenaires de trek parlent hébreu 99% du temps (il m’est donc difficile de participer à une conversation) et la seconde est qu’ils marchent bien trop lentement à mon goût.

Au bout d’une heure le sentier monte de plus en plus, je passe à côté de plein de petits lacs. Avec ma musique sur les oreilles, je me retrouve seul sans personne à l’horizon et grimpe pendant des kilomètres. Cette sensation d’effort et de solitude au milieu de la haute montagne me galvanise pas de fatigue à l’horizon ! Je me sens détendu, vivant et avec le sourire aux lèvres. Je crois que c’est ce que je cherchais dans ce trek : me perdre un peu dans la nature.

J’atteins le passage de Punta Union, point culminant de ce trek à 4750 mètres, record personnel d’altitude battu de quelques dizaines de mètres. D’ici la vue est imprenable, la vallée s’entend sur des kilomètres, parsemée de lacs émeraudes et turquoises.

Point culminant, Punta Union

Point culminant, Punta Union

Je descendrais l’autre côté de la crête pour arriver au campement assez tôt dans l’après midi. Aujourd’hui nous dormons à 4250 mètres d’altitude avec le mont Alpamayo qui culmine presque à 6000 mètres, il fait beau tout va bien ! Avec l’aide d’un des guides j’essaierais de pêcher la truite dans la rivière avoisinante mais en vain…

Je crois que la nuit dernière a été la plus froide de ma vie (du moins aussi loin que ma mémoire s’en rappelle). Malgré les vêtements, bonnets, gants, blouson et sac de couchage, il fait froid la nuit dans les Andes. C’était la dernière nuit de toute façon, il est convenu qu’aujourd’hui nous marcherons plus pour finir le trek en 3 jours, cela me va très bien.

Au petit matin, Trek Santa Cruz

Au petit matin, Trek Santa Cruz

Je fais la même chose qu’hier, je marche à mon rythme. Aujourd’hui je ne ferais que descendre la vallée avec un soleil radieux, ce qui ne gâchera rien. Je suis dans le même état d’esprit qu’hier admirant la nature qui révèle ces différentes facettes au rythme des kilomètres parcourus.

Trek Santa Cruz

Trek Santa Cruz

Je rentrerais sur Huaraz en fin d’après midi, heureux de prendre une douche et d’avoir une bonne nuit de sommeil.

Le lendemain je pars pour Lima, la capitale. A première vue, cette ville d’environ 8 millions d’habitants environ 8 millions d’habitants semble assez immense. Je pose mon sac dans quartier de Miraflores, quartier moderne et huppé de Lima situé au bord du Pacifique.

Au programme, du classique : visite du centre, je constate qu’il y a de belles places et bâtiments. Je fais un tour également dans le quartier chinois. La plupart des chinois ici semblent métissé chino-péruvien (ce que est surprenant car en général la communauté chinoise se mélange peu).
Lima, pour une capitale sud américaine n’est pas aussi dégueulasse que j’aurais pu le penser mais je ne compte pas non plus trop m’atarder.

Le lendemain avant de prendre mon bus, je passe la journée à Barranco, quartier aux façades colorées dans lequel il fait bon se promener.

Après avoir dit au revoir à l’océan Pacifique, je prendrais le bus pendant 17 heures en direction d’Arequipa, pour admirer le Canyon de Colca et en espérant apercevoir les fameux condors…

Lima

Lima

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Retour en Equateur !!!

J’emprunte la route entre la Colombie et l’Equateur pour la troisième fois, ce chemin est long et chiant mais parfois les heures ou les jours de transport consécutifs font partie de la vie du voyageur, un mal nécessaire.

Je me rends compte que dans ces moments là, je deviens un peu insociable, je n’ai pas vraiment envie de communiquer avec qui que ce soit. Peut être parce que je sais que je n’aurais pas le temps d’approfondir une conversation, que celle-ci se limitera à une présentation mutuelle, un bref descriptif de mon voyage, exercice que j’ai réalisé des centaines de fois et qui parfois me lasse un peu. J’ai juste envie de m’isoler en écoutant ma musique, laisser mes pensées divaguer comme bon leurs semblent ou est-ce peut être une façon de mettre mon cerveau en veille pour faire mieux passer ces longues heures d’attente ?

Bref, après 2 jours de transport depuis Cali me voici de retour en Equateur à Banos plus exactement. J’espère que ce n’est pas une ville qui pue la merde… car, petite blague, en espagnol « banos » signifie « toilettes » (Allez, celle là elle est cadeau!).

J’arrive dans mon hostel « la casa del molino blanco » qui a la particularité d’être autonome énergétiquement grâce à une éolienne et un panneau solaire, l’ambiance qui y règne est calme et familiale, cela me va très bien, je suis fatigué.

Le lendemain, je pars faire une randonnée dans les montagnes entourant la ville. Il y a plein de sources d’eau sur le chemin dont certaines au beau milieu des routes.

Petit détail d’ambiance, le climat s’est rafraîchi par rapport à la Colombie, il pleut et il y a des nuages. Si bien que je ne pourrais pas admirer le volcan Tungurahua culminant à plus de 5000 mètres de haut.

D’ailleurs, hier soir, je crois bien être arriver quelques heures trop tard car 4 heures avant mon arrivée ce dernier est entré en éruption. Un autre voyageur m’a montré une vidéo, le spectacle avait l’air plus qu’impressionnant !

En compensation, je me ferais attaquer aujourd’hui pour la première fois de mon voyage… par un chien ! Mais un chien plutôt gros et surtout agressif. Cet enfoiré me fonce dessus et n’est plus qu’à un mètre de moi, j’essaie de gueuler plus fort que lui, prêt à lui mettre un coup de pied dans la truffe (si possible), je suis seul sur un sentier isolé, la situation commence à se faire délicate… Mais au dernier moment, je parviens à saisir une pierre et là ce sale bâtard a tout de suite fait marche arrière. Souvenez-vous : en cas d’attaque de chien, prend une pierre dans ta main et il fera moins le malin.

Banos

Banos

Pour me remettre de mes émotions, je partirais manger une spécialité locale, un plat de « cuy » (prononcé presque comme « couille » d’ailleurs), cela ressemble à un gros rat mais il fait parti de la famille du cochon d’inde. Verdict gastronomique : c’est plutôt bon !

Le cuy à la broche !!!

Le cuy à la broche !!!

Le lendemain, je dois me constater une chose : il pleut et pas qu’un peu… Ça fait longtemps que je n’avais pas vu la pluie et cela ne m’a pas manqué le moins du monde.

Une seule chose à faire aujourd’hui est d’aller me baigner dans les eaux thermales en compagnie de Marc, un québécois rencontré la veille.

Aujourd’hui, il pleut encore mais c’est un grand jour pour le supporteur de foot que je suis. Le PSG a une chance de se qualifier pour les demi-finales de ligue des champions. Malheureusement, mon équipe fera un match de merde et loupera la qualification qui lui tendait les bras…

Quelle belle journée de merde, je constate avec énervement que ma banque a bloqué ma carte sans la moindre raison, il me reste 15 dollars…et même en équateur c’est pas beaucoup…

Heureusement Marc me prête un peu d’argent, solidarité entre voyageurs. Nous partons ensemble à Montanita, la dernière étape de mon passage en Équateur. Au programme : plage, surf et fiesta !

Après une nuit de bus, nous voici arrivés à destination. La pluie et la fraîcheur de Banos ont laissé place à la chaleur et au soleil, nous en profiterons dès notre arrivée. Nous ferons la connaissance de Max un chilien et de Milton et Roxy deux uruguayens super cools avec qui nous passerons la plupart de nos journées et soirées. Le début de semaine est plutôt calme à Montanita mais la température monte au fur et à mesure de la semaine pour atteindre son paroxysme le samedi. Je vous épargne tous les détails festifs de ces derniers jours

Montanita

Montanita

Montanita

Montanita

Le lundi, il est temps pour moi de partir et de mettre la cap vers le Pérou. Le moment est venu d’aller marcher dans les hautes montagnes de la cordillère des Andes.

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Colombie, suite et fin…

Après avoir dit au revoir à notre ami Jesus, James, Harry, Tim et moi partons pour Tayrona, le parc national le plus connu de Colombie. Celui-ci borde la mer caraïbe et est connu pour ces plages aux allures de carte postale.

Nous arrivons au portes du parc et avons le droit à une fouille opérée par les flics qui chassent d’éventuelles bouteilles d’alcool (et qui doivent certainement les revendre par la suite). Nous sommes en règle cette fois. Nous marchons une bonne heure sur un chemin vallonné avec de l’eau et de la nourriture pour les 3 jours à venir car ici la bouffe est hors de prix. Une chose est sure, nous mangerons et boirons tout, hors de question de refaire le retour aussi chargés.

Une fois le camping atteint, nous prenons possession de nos tentes et partons pour un bref bain de mer avant le coucher du soleil. Il n’y a pas d ‘électricité ici, les soirées sont donc plutôt courtes mais cela ne nous dérange pas, il est temps de nous mettre un peu au vert après Barranquilla et sa folie.

Après une nuit éprouvante pour le dos et ayant chopé au passage quelques tics (on peut également qualifiée cela de nuit de merde), nous nous mettons en route pour la visite du parc et de ses plages. Nous ne pouvons que constater une chose le cliché carte postale est respecté et malgré son fort afflux touristique cet endroit vaut le coup d’œil. La jungle et les rocheux polis par le temps bordent les plages aux eaux azures sur lesquelles les bikinis défilent… Avec Tim nous concluons :

– « On est pas si mal ici, ça pourrait être pire …».

A ce moment là, j’ai une petite pensée pour vous chers lecteurs, qui êtes pour la plupart d’entre vous, au travail en cet instant..Trêve de chambrage, je tiens à conserver mon lectorat.

Parc Tayrona

Parc Tayrona

Le lendemain, nous continuons la découverte du parc et nous partons au cœur du parc direction le Pueblito, un ancien village Tayrona qui était à son apogée il y a quelques siècles (désolé pour le manque de précision aux niveau de la date mais je ne m’en rappelle plus). Sur le chemin pentu et fatigant, nous entendons des singes hurleurs mais sans pouvoir les apercevoir pour autant. Le chemin du retour est magnifique nous sautons de pierres en pierres immenses pour enfin se délasser sur la plage.

Le lendemain, nous repartons sur Taganga encore une fois et toujours pas de Camembert au Pachamama…
Nous avons dit au revoir à Harry hier et ce soir c’est la dernière soirée que nous passons avec James, encore une occasion à la con de faire la fête et comme nous sommes un peu con, nous avons bien fait la fête.

Le surlendemain, il est temps pour Tim et moi de partir faire un peu de sport et réservons le trek de la ciudad perdida. Le prix nous freine un peu, c’est pour cela que nous avions l’idée de le faire par nous même, mais après s’être renseigné cela s’avère impossible et même illégal.

Nous partirons donc le lendemain avec un groupe de touristes.

Nous remarquons que la plupart ne parlent pas un mot d’espagnol, nous jouerons de temps en temps les traducteurs en herbe. Au passage, nous faisons la connaissance de Klaus, un allemand de 49 ans, qui a l’air encore plu fou que nous, il commence la conversation par :

– « Les mecs, j’ai pris avec moi des clopes et de la marijuana. »

Nous commençons le premier jour de marche après avoir déjeuner. Pendant ce temps, Klaus roule un petit joint. Le chemin monte, monte et monte encore, voilà une bonne entrée en matière, nous sommes trempés. Le premier jour nous ne marcherons que 4 heures pour enfin sauter dans une piscine naturelle et manger un dîner succulent concocté par la cuisinière du trek.

Le deuxième jour commence plutôt en douceur, au petit matin, un toucan passe sous notre nez. Arrivés au déjeuner, nous discutons de la difficulté du trek en concluant provisoirement que c’est plutôt facile. Nous changerons d’avis une fois l’après midi arrivée. Nous ne cesserons de grimper, encore et toujours, oui la cela commence à être un vrai trek bien physique à hauteur de nos espérances. Comme à l’accoutumé, nous finissons la journée en nous rafraîchissant dans la rivière et en nous lavant par la même occasion.

Trek de Ciudad perdida

Trek de Ciudad perdida

Le lendemain, il nous reste une heure de marche et un escalier de 1500 marches avant d’atteindre Ciudad Perdida. Le site est au est au cœur d’une vallée entourée de montagnes. Vu la difficulté d’accès au site on comprends vite pourquoi il a été construit sur une période de 400 ans.

Nous en apprenons un peu plus sur les indigènes Kogi qui habitent dans les environs, leur culture et leurs traditions. Nous en avons croisé beaucoup ces derniers jours malheureusement la plupart ne semblent pas trop apprécier la présence des étrangers et il semble assez difficile de discuter avec eux, c’est d’ailleurs tout se qui manque à ce trek.

Ciudad perdida

Ciudad perdida

Nos jambes commencent à sentir la fatigue accumulée ces derniers jours, ils nous restent quelques kilomètres avant de finir le parcours. Nous arrivons, tous heureux d’avoir terminer.

Normalement les gens normaux et raisonnables, iraient se coucher tôt et récupérer un peu mais Tim, Klaus et moi décidons de faire la fête, de plus c’est samedi soir à Taganga, nous en profitons pour voir nos amis Helena et Andres. Le lendemain, Tim et moi, encore sous les effets de l’alcool et la fatigue, commençons la journée une bataille d’eau dans notre dortoir (oui je sais j’ai eu 30 ans il y a un peu plus d’un mois). Normalement, je suis censé parti demain matin pour Palomino mais une conversation de 10 secondes me fera changé d’avis :

– « On pourrait encore faire la fête ce soir… »

– « Moi, je serais capable… »

– « Ok. »

– « Ok ! »

C’est acté je partirais donc Mardi… Je dis au revoir à Tim qui lui va à Medellin et part avec Klaus pour Palomino. C’est un village tranquille au bord de mer, l’activité principale est donc la plage ainsi qu’une descente du rio Palomino sur une grosse bouée pour finir dans la mer.

Ensuite je pars seul à Cabo de la Vela en Guarija, territoire des indiens Wayuu. J’enchaîne les bus et les voitures collectives dont une jeep qui a aussi à son bord quelques chèvres qui ne se gênent pas pour crier, chier et pisser à leur convenance. Le paysage est de plus en plus sec et désertique je rapproche peu à peu. Arrivé à destination je suis effectivement en plein désert, il y n’y pas d’eau courante mais un peu de courant le soir grâce à des générateurs. Je pars voir le pilon de Azucar, curiosité sacrée du coin, qui est une petite colline en bord de mer.

Cabo de la Vela

Cabo de la Vela

Le lendemain je pars à Puntas Gallinas, le point le plus au nord de l’Amérique du sud. Après quelques heures de jeep en compagnie d’autres touristes au beau milieu du désert et ayant admirer quelques flamants roses sur le chemin, me voici arrivé à cette extrémité continentale. Au passage je fais la connaissance de Ben, français lui aussi. Ce désert au bord de la mer caraïbe impressionne par ces nuances de couleurs et de panoramas alternant dunes, grandes étendues plates et mangroves. Heureusement ici la chaleur est supportable grâce au vent et aux baignades à répétition dans la mer.

Puntas Galinas

Puntas Galinas

Après une nuit fraîche dans un hamac, nous refaisons le chemin inverse jusqu’à Taganga (pour la 5ème fois) en compagnie de Ben. Je retourne au Pachamama et devinez quoi ? Toujours pas de Camembert…Je me vengerais sur le reste de la carte.

Nous sommes samedi soir, un fête s’impose, à force de repasser ici souvent ici, je commence à connaître pas mal de personnes, je ne peux plus marcher 15 min sans croiser quelqu’un que je connais. Je vais rester ici encore une semaine afin de passer mon Open Water (niveau de plongée). Ici les prix sont parmi les plus bas du monde et j’ai le sentiment que si je ne fais pas ça maintenant, je risque de ne jamais le faire et il serait dommage de passer à côté de la découverte de ce monde quasi nouveau pour moi (j’avais fait mon baptême en Indonésie, il y a quelques mois).

Les cours consistent à faire 2 plongées par jour le matin et des cours théoriques l’après-midi. Les fonds marins ne sont pas aussi beau que lorsque j’étais à Bali mais le spot se défend quand même pas mal malgré tout. Une plongée sur deux consiste à faire des exercices mais les autres sont de vraies plongées récréatives. Nous croisons beaucoup de poissons, dont pas mal de murènes. Au bout de 3 jours, ça y est j’ai mon Open Water et maintenant je suis impatient de plonger à nouveau et j’espère pouvoir le faire avant la fin de mon voyage.

Ah oui petit détail, entre deux cours de plongée, j’ai enfin réussi à manger le camembert du Pachamama, quel joie de re-goûter à ce produit du terroir français si longtemps convoité !

Pour célébrer le diplôme, une soirée s’imposait Taganga, la dernière car je m’envole le dimanche suivant pour Cali vers le sud du pays.

Open Water

Open Water

Cali, capitale de la salsa, là bas je retrouve Tim et Théo, un de ses potes. La visite de la ville est vite bouclée. On m’avait prévu, Cali c’est bien mais juste pour la salsa… Vu le danseur confirmé que je suis je me contenterais de regarder le spectacle car le niveau ici est juste impressionnant. Certains semblent avoir grandi dans un bar à Salsa.

Le temps presse, je dois partir de Colombie au plus tôt, il me reste seulement un mois et demi pour repasser en Equateur et visiter le Pérou et la Bolivie, autant dire que j’ai pris du retard, je vais devoir voyager bien plus vite que ces deux derniers mois… Une chose est sure, ce pays qui aura été un coup de cœur et j’ai un peu du mal à le quitter mais je crois bien que nous nous reverrons un jour.

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